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Contes et légendes de Bretagne

L'histoire de Marie-Job Kerguénou
épisode 5


- Alors, c'est aussi l'Ile-Grande qui est le but de votre voyage ? interrogea Marie-Job, au bout de quelques instants, histoire de rompre le silence.
- Oui, dit brièvement le vieux qui ne semblait pas causeur et demeurait recroquevillé en deux, sans doute sous le poids de ce fardeau qu'on ne voyait pas.
- Je n'ai pas souvenir de vous y avoir jamais rencontré.
- Oh ! non, vous étiez trop jeune quand j'en suis parti.

- Et vous arrivez de loin, à ce qu'il paraît ?
- De trés loin.
Marie-job n'osa le questionner davantage. D'ailleurs on entrait dans la grève où il y avait à faire attention, à cause des fondrières de vase et des roches de pierre noire éparses le long de la mauvaise piste qui tenait lieu de chemin. La commissionnaire ne fut pas sans remarquer, à ce propos, que les roues de la charrette s'enfonçaient dans le sable plus que de coutume.
- Sapristi, marmonne-t'elle entre ses dents, il faut que nous soyons terriblement chargés ! ...
Et, comme elle avait pris trés peu de commissions en ville, comme d'autre part le vieux petit homme, tout rabougri, ne devait guère peser plus qu'un garçonnet, force était de supposer que c'était ce qu'il disait porter qui pesait si lourd.
  Et cela ne laissait pas de donner beaucoup à réfléchir à la bonne femme, peut-être aussi à Mogis lui-même qui, malgré son entrain, commençait à faiblir et butait presque à chaque pas. Lorsqu'il atteignit enfin la terre d'Enès-Veur, il n'avait plus un poil de sec.
Là, vous savez, il y a deux embranchements, l'un tournant à gauche vers l'église paroissiale de Saint-Sauveur, l'autre filant tout droit sur le bourg où Marie-Job Kerguénou avait sa "demeurance". Mogis ayant fait halte de son propre mouvement, sans doute afin de reprendre haleine, elle en profita pour dire à son muet compagnon dont elle était plus que pressée de se séparer :
- Nous voici à l'île, mon ancien. Dieu vous conduise en votre route. !

- Soit, gémit le vieux petit homme.
Et il essaya de se lever, mais se fut pour retomber aussi vite sur le siège, sinon de tout son poids, du moins de tout le poids de la chose inconnue. Et, de nouveau, l'essieu ploya ; de nouveau le bruit des planches heurtées se fit entendre.

- Jamais je ne pourrai, soupira-t'il avec un accent si douloureux que Marie-Job en fut remuée jusqu'aux entrailles.
- Alons, dit-elle, quoique je ne comprenne rien à vos manières et quelque hâte que j'ai d'être chez moi, s'il y a encore quelque chose en quoi je puisse vous servir, parlez.

- Eh bien ! répondit-il, menez-moi jusqu'au cimetierre de Saint-Sauveur.
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Conte d' Anatole Le Braz.



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