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Contes et légendes de Bretagne

L'histoire de Marie-Job Kerguénou
épisode 2

- Est-ce vrai que le bruit court, marie-Job, que vous ne comptez pas aller demain au marché ?
-Quoi donc ! Glauda Goff, aurais-je la conscience d'une chrétienne si je mettais Mogis dehors par un temps comme celui-ci où les goélands eux-mêmes n'osent pas montrer leur bec ?- Je vous le demande, ce nonobstant, pour l'amour de moi. Vous savez si je vous ai toujours donné à gagner, Marie-Job...De grâce, ne me refusez point. Ma provision de tabac-carotte touche à sa fin. Si je ne l'ai pas renouvelée pour dimanche, que répondrai-je aux carriers, quand ils viendront tous, à l'issue de la basse messe, acheter de quoi chiquer pour la semaine ?
Il faut vous dire que l'Enes-veur est l'île des carriers : ils sont là, pour le moins,a u nombre de trois ou quatre cents qui travaillent la roche pour en faire de la pierre de taille, et ce ne sont pas des gaillards commodes tous les jours, comme vous pensez, surtout qu'il y a parmi eux autant de Normands que de Bretons. Sûrement, Glauda Goff ne se tourmentait pas sans raison car ils étaient gens à mettre boutique à sac s'il advenait que son débit, le seul de l'île, ne leur fournît pas ce dont ils avaient besoin. Marie-job Kerguénou comprenait trés bien cela. C'était elle, qui, chaque jeudi, avait mission d'aller quérir le tabac aux bureaux de la régie ; et, en vérité, ça la chagrinait fort d'être cause que, le dimanche suivant, sa commère recevrait des reproches et peut-être des duretées. Mais, d'autre part, il y avait Mogis, le pauvre cher Mogis !... Puis elle avait comme un préssentiment que, pour elle-même, ce serait une mauvaise chose de partir. Une voix lui conseillait en dedans : "Ne change point ta résolution : tu avais décidé de rester, reste !"
L'autre cependant suppliait toujours.
 

Alors, Marie-Job qui était brusque dans ses manières, mais qui avait le coeur le plus sensible, finit par lui répondre :
- C'est bien, vous aurez votre tabac.

Et elle se dirigea incontinent vers la crèche pour faire la toilette de Mogis comme à la veille de chaque voyage. le lendemein, à l'heure de la marée basse, elle quittait l'île dans son équipage coutumier, ses mitaines rousses aux mains et sa cape de grosse bure sur les épaules, criant : "hue !" à mogis dont la bise piquait les oreilles, comme si elle les eût criblé d'aiguilles. Ni la vieille femme ni son vieux cheval ne se sentaient en train. Ils arrivèrent cependant à Lannion sans encombre. Dans l'auberge où Marie-Job faisait sa descente, et qui était à l'enseigne de l'Ancre d'Argent, sur le quai planté, l'hôtesse, quand elle la vit reparaître, aprés ses commissions terminées, lui dit :
- Jesus ! maria ! Vous ne songez pas repartir, au moins ! savez-vous que vous serez changée en glace avant d'atteindre l'Ile-Grande ?...
Et elle insista pour la retenir à coucher. Mais la vieille fut inflexible.
-Comme je suis venue, je m'en retournerai. Donnez-moi seulement une tasse de café bien chaud et un petit verre de gloria.
Tout
de même, on voyait bien qu'elle n'avait pas sa tête des bons jours. Au moment de prendre congé de l'hôtesse de l'Ancre d'Argent, elle lui dit d'un ton triste :
- J'ai idée que le retour sera dur. Il ya dans mon oreille gauche quelque chose qui sonne un mauvais son.....

> Suite

Conte d' Anatole Le Braz.



Les Fées
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La forteresse du Val sans Retour partie 2 partie 3
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